13 mai 2015 ~ 1 Commentaire

Le travail c’est la santé

Hé ! Salut ! Comment tu vas ? Moi ça va, tout va bien.

Je t’ai manqué ? Je sais, je sais, je suis désolée mais j’étais très occupée pendant ces deux semaines. Entre deux siestes j’avais plein de trucs à faire, entre mon deuxième boulot (nul) et mes week-ends théâtre (pas nul) je n’ai pas vraiment pris le temps d’écrire quoi que ce soit. Et puis surtout j’ai été très occupée à détester quelqu’un. Normalement je ne déteste personne, jamais, mais cette fois j’ai trouvé un gagnant. J’en ai été très perturbée, tu comprends ? Bon, arrête de sangloter maintenant, tu vois bien que je suis revenue.

Le travail c'est la santé  dans Travail de rêves Fc9elLu

Je t’ai fait rêver avec mon travail pour lequel tu me jalouses atrocement, mais je ne t’ai pas raconté ce que j’ai fait avant.

Depuis plus de dix ans (oui je suis vieille, reste poli-e ou je m’en vais) je fait du baby-sitting, ce qui me permet de pouvoir manger après avoir payé mon loyer. Pour une raison qui reste obscure à ce jour, des gens continuent à me confier leurs enfants le temps d’une soirée, d’un après-midi ou même d’un week-end. Parfois c’est un job difficile, quand le gamin te fait lire Vingt-mille lieues sous les mers à chaque fois que tu viens le garder par exemple. Ce bouquin est abominable, je préfère encore lire Toupie. Certes Flocon l’ourson n’est pas très évolué mais tu peux y lire de belles phrases comme “Il vit qu’on lui avait volé son vélo” (lis à voix haute, si, vas-y) et te faire engueuler par une gamine de quatre ans “parce qu’il faut lire, c’est pas drôôôôle” (Si).

 dans Travail de rêves

Sinon après mes dix-huit ans j’ai abandonné la fac, où je m’étais judicieusement inscrite en socio pour faire comme SuperColoc (j’ai arrêté avant la Toussaint, elle n’a pas tenu jusqu’aux derniers partiels) et j’ai cherché du taf pour éviter de trop m’ennuyer. J’ai envoyé seulement deux lettres de motivation, parce qu’après ça j’étais trop fatiguée, j’ai reçu une réponse négative et une positive. J’ai donc commencé au mois de décembre à être payée pour faire des paquets-cadeaux. Ouais, je sais. Je travaillais pour la plus grande librairie de la ville dont le patron possédait aussi un magasin de disques juste à côté et un magasin de jeux, et de plein de choses pour les gamins. Le truc le plus chouette dans cette histoire c’est qu’on passait la journée dehors. 9h-20h à l’extérieur, sous des espèces de poteaux chauffants qui te cramaient le cerveau mais te laissaient les pieds en proie aux engelures. Je vais être honnête, c’est le boulot où j’ai été le plus douée (j’ai des capacités très limitées mais je sais faire de magnifiques paquets-cadeaux maintenant). C’est vrai qu’emballer deux gros livres de photos est plus facile que d’empaqueter une trottinette mais avec un peu de bonne volonté, on y arrive. Pour je ne sais plus quelle raison, ma cheffe a décidé qu’il fallait aussi m’apprendre à me servir de la caisse (à l’intérieur du magasin ! Et assise ! Le luxe !) et des tas d’autres petits trucs. Je te raconte pas la fierté, j’avais l’impression d’être promue en moins d’une semaine. Du coup, quand il y avait vraiment trop de monde à faire la queue (le savais-tu ? Les magasins sont généralement bondés au mois de décembre) on m’appelait à la librairie pour que j’ouvre une nouvelle caisse et je faisais ça avec un talent inégalé. En voyant mon aisance et ma politesse naturelles (je suis l’hypocrisie même, je peux sourire autant de fois que nécessaire sans montrer que j’ai envie de démembrer la personne qui vient d’arriver avec 72 livres et veut un paquet-cadeau pour chaque à l’heure de la fermeture) j’ai aussi été appelée au magasin de disques quand les gens prenaient leur pause. Finalement j’ai passé assez peu de temps à l’extérieur, je me sentais si spéciale. J’ai pu ne pas trop dépenser d’argent pour Noël avec les super réductions que j’avais sur les trois magasins, y étant employée. Dans tout ça le plus dur ce n’était pas de travailler debout, dehors avec les mains qui gèlent mais d’être dans le magasin de disques et de me retenir de sauter sauvagement sur l’un de mes collègues plus âgé que moi. Ce genre d’envie me prend à peu près aussi souvent que le fait de détester quelqu’un. Mais comme j’étais quelqu’un d’une retenue exemplaire (ou absolument pas sûre de moi, rapport principalement à l’alligatorite qui m’envahissait si tu te souviens, c’est au choix) et même si j’avais la très forte sensation qu’il n’aurait pas dit non, j’ai conservé le plus grand calme apparent. Ne dis rien, j’étais jeune.

aroused

J’ai continué à travailler pour eux de temps en temps pendant trois ou quatre ans, pour des inventaires, remplacer quelqu’un le temps d’un congé, tenir la caisse dans le salon le plus ennuyeux du monde… J’étais si riche !

Un été, j’ai trouvé que c’était une bonne idée de me proposer comme stagiaire dans une boîte d’assurances. Si tu suis un peu le blog, tu auras vite compris que je n’avais strictement aucune qualifications pour, mais encore une fois pour une raison obscure j’ai été prise et j’ai même été payée. Finalement les qualifications que je n’ai pas comptaient peu dans la mesure où j’ai trié des dossiers, fait des saisies informatiques et téléphoné (nooooon) à des gens qui avaient oublié de mentionner le prénom ou la date de naissance de leur enfant. Là, le plus dur c’était d’écouter MFM toute la journée. Crois-moi c’est pas facile.

Maintenant je suis donc nettoyeuse d’escaliers, je suis engagée par une dame pour aller chercher ses marmots à l’école certains soirs, je fais souvent du baby-sitting et même parfois du cat-sitting, c’est-à-dire que je suis payée de manière indécente pour donner des croquettes à des chats et c’est tout.

 OMG-WHAT

Et toi, tu as fait des petits boulots très intéressants ? Dis-moi tout.

Une réponse à “Le travail c’est la santé”

  1. on a tous des hontes musicales, et les gens qui disent le contraire mentent ! HA !

    Tu connais la version antérieure de « zamina » (euh, aucune idée du titre en vrai, mais c’est la chanson que chantait shakira pendant la coupe du monde en afrique du sud) ? Bah j’adore ce truc-là. Je le passe en boucle et je chante (haha, non, je beugle.) par dessus. C’est merveilleux. En tous cas ça m’enthousiasme énormément.

    Et sinon, quand j’ai récupéré le piano de ma voisine (oui j’ai des voisins sympa), le premier truc que j’ai appris à jouer dessus, c’est une magnifique et touchante chanson nommée « un sexe grand comme le ciel ». Trouvable sur Bides & Musique (qui regorge de… Trucs.) Je connais cette chanson par coeur et elle aussi, je l’écoute en boucle et je piaille par dessus. De toute beauté.


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