Euh... bienvenue ?

Hé ! On dirait qu'on serait amis ?

04 novembre 2015 ~ 3 Commentaires

Une entorse et un morse

(Non.) (Mais ça rime.)

T’as vu ? C’est l’automne.

Une entorse et un morse dans Parlons chats giphy

Ce qui veut dire que sans chauffage mes murs recommencent à moisir. N’ouvre pas les yeux grand comme ça, je t’ai déjà dit que j’habitais dans un châteaudis, non ?

J’étais en vacances jusqu’à dimanche soir En vrai, dans le jargon, on appelle ça un arrêt maladie mais j’ai décidé que c’était des vacances. Je me suis de nouveau retrouvée avec une entorse de la main “mais je sais pas où” a dit mon médecin qui est une personne très compétente. Cette fois-ci, c’était en plantant une cuillère dans un pot de glace au beurre de cacahuètes. Si, c’est possible. Je te rassure, la glace était bonne.

giphy dans Parlons chats

Comme parfois la vie n’est pas qu’une saloperie sans aucune pitié, c’est tombé pile pendant que j’avais de la visite. Normalement j’aime pas trop les gens chez moi, je tolère quelques personnes de ma famille parfois. Mais seulement parfois et faut prévenir à l’avance sinon je n’ouvre pas : j’ai peur que ce soit un mec de France Loisirs. Tiens, à propos ; je t’ai déjà raconté comment faire fuir un de ces parasites en sortant en furie de ta cuisine avec à la main le couteau que tu comptais laver pendant qu’il baratinait ta coloc ? C’est une vrai question, je parle tellement que je ne sais plus ce que j’ai déjà dit.

Mais pour en revenir au sujet de départ, là, c’était un immigré Berlinois qui m’a demandé l’asile pour une sombre histoire de fromage immangeable là-bas, je ne pouvais pas dire non tu comprends ? Non ? Tant pis.

Bon, il (nous l’appelerons Caillou) (parce que c’est drôle) (et pour des questions d’anonymat) (mais surtout parce que c’est drôle) (Caillou) s’est senti assez vite à l’aise dans mon appartement luxueux. Pour te donner quelques exemples concrets il s’est permis de faire à manger chez moi dans le but de me nourrir, il a annexé la moitié de mon lit, et s’est même senti autorisé à se faire aimer de mes chats. Le mec chiant quoi. Il m’a même emmenée voir un film avc des papillons en gros plan, par pur plaisir sadique je suppose. (Crimson Peak c’était un peu chiant)

Je ne vais pas t’expliquer en détails à quel point ça m’a saoulée, tu sais que je n’aime pas me plaindre mais sache aussi qu’il m’a traînée au milieu de la Creuse pendant un week-end. D’accord, c’était plutôt ma voiture avec laquelle on y est allé mais quand même. En plus c’était pour voir des gens. Des gens. Que je n’avais jamais vus. Depuis quand c’est une bonne idée de traîner quelqu’un dans la Creuse au milieu de gens presque inconnus ? Ok, eux ça allait. Ils étaient plutôt sympas. Carrément, en fait. Mais quand même. Apparemment il compte même revenir à ses prochaines vacances. C’est à vous dégoûter d’être aimable.

 

A part ça, j’ai découvert que mon véto est un escroc que La Callas est allergique aux puces. Ouais. Donc elle se gratte, elle se gratte et ça fait des trous. J’ai un chat allergique aux puces. Avec des trous. Même mon chat est un peu raté. Belle équipe.

D’ailleurs, je crois que Caillou est la seule personne à cause de qui je n’ai pas eu à subir une crise de jalousie de La Callas. Normalement, si je parle avec quelqu’un (ce qui m’arrive peu), elle se place entre nous et miaule jusqu’à ce qu’on se taise à peu près. Là, non. Aussi bien il lui a jeté un sort -ou un coup de pied- et je n’y ai vu que du feu.

Je continue à te parler de mes chats ? Allons-y. Un des matins, pendant que j’étais au milieu de rien (la Creuse, tu suis pas ou quoi ?) après un coucher fort tardif, j’ai été réveillée par un sms de SuperColoc. Elle devait passer nourrir les bestioles et prise d’un coup de folie, elle a entrouvert la fenêtre de la cuisine. La FENÊTRE ! Crinoline en a profité pour se barrer, pas bête le chat. Un jour je te raconterai moultes péripéties fascinantes qui ont suivi les deux fugues de La Callas.

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SuperColoc était très légèrement emmerdée. Etant à 7h de route de chez moi j’ai pesté une grande partie de la journée du retour que je n’avais aucune envie de chasser une chatte qui ne répond pas à son nom en pleine nuit. Bon, finalement, après trois Minouche ! hurlés dans ma rue je me suis dit que ce nom était vraiment nul et j’ai décidé d’attendre le lendemain pour aller sonner chez les gens. Peut-être que tu le sais, parler à des gens, surtout inconnus, ne fait pas tout à fait partie de mes occupations préférées, alors le lendemain, à la place, j’ai recommencé à crier Minouche ! (et à me sentir si seule) par les fenêtres de mon immeuble et de ma cuisine.

Le croiras-tu ? Cette chatte que je pensais parti loin, très loin de cette cuisine où je la séquestre, s’est pointée la bouche en coeur (c’est une image, les chats ne font pas ça, tu es si naïf) avant que je ne perde tout espoir. Comme elle avait décidé d’être nourrie en restant dehors, un problème s’est posé quand j’ai remarqué que je ne possédais pas de clef me permettant d’accéder à la cour de mon immeuble et que le seul moyen était de passer par ma fenêtre.

Je fais un petit aparté pour t’expliquer que je voudrais bien la laisser sortir mais que je ne peux pas, en théorie si elle saute par-dessus le mur de la cour, elle ne pourra pas revenir et je me vois mal expliquer aux personnes de l’association que j’ai perdu un chat au délicieux nom de Minouche (non, vraiment, je ne m’y fais pas).

Le problème était : si je passais par la fenêtre j’avais une chance sur deux de ne pas réussir à remonter (j’ai l’agilité d’un poney sur le dos) et de laisser les deux chatons sortir mais si je ne faisais rien, je risquais de voir Crinoline (c’est quand même bien mieux, non ?) s’enfuir vers des contrées plus accueillantes. Mais, c’était sans compter l’arrivée de SuperColoc à ce moment précis sur son fidèle destrier (sa voiture donc) (mais ça faisait mieux) que j’ai envoyée chercher le chat pendant que je gardais les deux chats-bonzaïs. La mère avait l’air tellement contente d’être rentrée qu’elle a craché sur ses chatons avant d’aller se planquer.

Depuis tout va bien, ils ont recommencé à faire pipi par terre et à massacrer absolument tout ce qui m’appartient.

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10 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

La moquette et les paillettes.

Bon, après trois mois sans rien dire je sens qu’il est temps de rattraper un peu tout ça. (En vrai j’ai du ménage à faire depuis une bonne semaine mais, comment dire, j’ai pas envie.)

Au mois de juillet je suis donc partie en vacances, au bord de la mer dans une des maisons de vacances de mes grands-parents (oui parce qu’ils en ont deux) (à trois maisons d’intervalle) (ils vivent dans une et prêtent l’autre) (ah ben en fait c’était pas compliqué à expliquer.)

A part dormir, manger, faire semblant de bronzer sur la plage, faire du bruit et emmerder le monde je n’ai rien à te raconter. Des vacances banales.

Bon quand même, ma frangine est revenue en pays civilisé après de nombreux mois passés chez les teutons. Elle est restée suffisamment longtemps pour ne plus avoir envie de me voir pendant au moins les dix prochains mois (il paraîtrait que dormir dans la même chambre qu’une personne qui passe son temps à vous souffler dessus dès qu’elle vous voit arriver c’est épuisant.)

La moquette et les paillettes.  dans Travail de rêves yay1

J’ai monté un projet de bande-dessinée avec mon frère (qui sait dessiner, ce qui n’est absolument pas mon cas) où les protagonistes se seraient appelés Rimsky et Korsakov (si tu as une ou deux lacunes question musique russe, clique ici) On a fini par abandonner l’idée parce que nous sommes deux gigantesques flemmasses mais à la place on les a interprétés assez régulièrement pour la grande joie de notre entourage (ou pas) J’ai donc passé une bonne partie de juillet à parler d’une voix suraiguë et à sautiller partout en déclarant des slogans intelligents. Ce qui, tout compte fait, ne change pas vraiment de mes autres étés.

Ce qui a changé par rapport aux années précédentes c’est du côté de ma sociabilité. Ouais, j’ai quand même rencontré deux nouvelles personnes. Alors que je n’étais pas obligée et qu’on ne m’a  promis ni alcool ni chocolat en échange. Le plus grave, c’est que j’ai bien aimé.

Je te passe l’histoire de ma cuillère préférée qui est portée disparue depuis le début de l’été, je n’ai toujours pas fait mon deuil.

 sad1 dans Travail de rêves

J’ai dû rentrer dans ma ville du bout du monde pour travailler au mois d’août. Je ne sais pas si tu sais mais j’adore mon travail. Vraiment. Le côté épanouissant et non-répétitif je suppose.

Par conséquent j’ai décidé d’accepter de prendre des remplacements à des heures très matinales ou un peu trop tardives. Et non, ça n’a rien à voir avec le fait que je suis pauvre. Rien à voir. Du tout.

Je commençais donc très tôt la plupart des matins (commencer à 6h ou 5h20, c’est tôt, si.) et comme l’organisation de ma boîte est à peu près équivalente à la mienne (en fait non, ils auraient fait faillite au bout de quarante-sept minutes sinon) le premier jour a été compliqué.

On m’avait simplement donné l’adresse et expliqué que je devais nettoyer des bureaux.
Je suis donc arrivée à 6h du matin, pimpante et de bonne humeur (toi qui me connais déjà, n’explique pas aux nouveaux que je mens s’il-te plaît, laisse-leur la surprise) devant un porte munie d’un digicode. Tu penses qu’on m’aurait filé le code ? Tu penses mal, recommence. Je me suis donc faufilée derrière un mec qui portait le même joli t-shirt turquoise que moi (mon entreprise à des goûts très sûrs en ce qui concerne les habits) qui m’a regardée de manière très suspicieuse parce que je portais une veste. Quand je lui ai montré mon signe d’appartenance à la même secte boîte que lui, il m’a laissée rentrer sans plus d’histoires. Le pouvoir du t-shirt turquoise !

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Après il a fallu que je devine à quel étage j’étais censée aller, l’ascenseur refusait de toutes manières d’aller plus haut que le deuxième. La porte a fini par s’ouvrir sur une de mes collègues que je n’avais jamais vue (je ne connais aucun-e de mes collègues car je suis asociale) qui a fini par m’expliquer qu’il y avait un code très complexe à taper et qu’il fallait avoir un Master en maniement de clefs pour pouvoir s’en sortir. Elle a aussi eu la gentillesse de m’apprendre le code de l’alarme qui aurait pu se déclencher si l’ascenseur avait bien voulu m’obéir. Elle m’a achevé en m’expliquant la manière dont je devais passer l’aspirateur dans ces bureaux.
J’ai failli me vexer et lui répondre que oh, j’avais l’équivalent d’une licence en nettoyage mais j’ai fini par regarder la moquette. La première chose qui m’a traversée l’esprit c’est “en voici une moquette qu’elle est laide.” la seconde a été de remarquer les nombreuses traces de pas et de je ne sais quoi. Une moquette susceptible donc, qui prend la marque de chaque offense faite à sa pureté originelle (en fait elle était seulement grise moche mais ça fait plus joli dit comme ça.) Il fallait donc aspirer vers l’arrière.

Je t’explique c’est très technique : au lieu de passer la brosse du machin dans tous les sens pour finir le plus vite possible, là il fallait envoyer le manche devant toi et le soulever pour le ramener vers toi et recommencer afin de ne pas prendre cette pauvre moquette à rebrousse-poils et effacer les traces. (Tous ces mots font paraître mon boulot carrément sexy en fait)

Rien qu’avec ça tu peux t’imaginer que j’ai passées certaines des meilleurs heures de ma vie dans ces bureaux. Moi je me dis que si c’était vraiment aussi important de ne pas laisser de traces par terre, autant mettre du carrelage, non ? Après, je ne sais pas, je ne suis que nettoyeuse d’escaliers.

Je n’avais pas d’affection particulière pour la moquette jusqu’à présent, j’en ai maintenant une totale aversion. En plus, dedans y’a des acariens. Et les acariens, comme chacun sait, c’est vilain.

 yuck

Ne sois pas trop triste pour moi. Même si mon mois d’août a principalement consisté à faire la gueule et à dormir je n’ai pas fait que ça. Par exemple, j’ai continué ma crise de sociabilité en me laissant entraîner dans un festival où il a plu continuellement et duquel je suis rentrée pailletée (et sale) (la boue ça fait des taches)

D’ailleurs, le savais-tu ? Aller dans un festival en sandales n’est pas la meilleure idée imaginable. Faire de l’ultimate non plus mais ça n’a aucun rapport. Pourtant ce n’est pas comme si c’était la première fois que j’allais à un festival mais je ne sais pas. L’idée de pouvoir montrer à tous mes ongles de pieds vernis de rose flash à paillettes m’a peut-être séduite.

Dans ce festival il y a eu des bulles de savon, une fanfare (tiens à propos, clique, c’est fabuleux), des paillettes, deux mecs qui méprisaient la musique électro, des bulles de savon, de la pluie, des frites, de la boue, de la musique et des bulles de savon.
En plus je n’ai même pas eu besoin de monter de tente. Non parce que ça j’ai essayé une fois et j’ai fini assise dans un coin à bouder, depuis j’ai jamais eu envie de recommencer. Je ne sais pas si tu sais, mais normalement après il faut dormir dedans en plus. Et moi le camping…

Ew

Ce qui est grave, encore une fois, c’est que cette fois j’ai bien aimé. Et je ne me suis même pas plainte. Si on oublie que mes deux premières phrases du dimanche matin ont été “Peste, il fait beaucoup trop chaud” et “J’ai beaucoup trop mal à la tête” (Il est possible que les grossièretés aient été omises de ces citations.)

Pour une fois je me suis bien tenue.

10 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

Chat va bien ? (hé merde)

Salut. Ça faisait longtemps non ?

J’ai plein d’excuses pour ne rien avoir écrit si tu veux tout savoir. Et puis en fait je fais un peu ce que je veux, non ? Si. Merci.

Et puis bon, trois mois c’est pas si long. Si ? Ha bon.

En juillet je suis partie en vacances.

Chat va bien ? (hé merde) dans Parlons chats giphy

Avant ça il a fallu que je fasse garder les chats que je garde. C’était un grand moment. D’abord parce que je me suis faite engueuler bien comme il faut par la nouvelle référente chatons (oui, il y a une référente chats, chats chelou, chatons… c’est hyper bien organisé) (non) qui m’a dit en substance que j’abusais un peu de partir maintenant et sans prévenir ! Au mois de juillet, partir en vacances, en ayant prévenu trois mois avant. Quel scandale !

woah1 dans Parlons chats

Apparemment ils manqueraient de famille d’accueil. C’était une vraie surprise pour moi, ce n’est pas du tout pour cette raison que je m’étais proposée pour accueillir les chatons et leur mère. Pas du tout. Je lui ai donc répondu, en substance aussi, (parce qu’en vrai je sais un tout petit peu me tenir quand même) d’aller se toucher et de revenir avec une solution.

Elle m’a proposé de donner mes clefs à quelqu’un qui passerait chez moi pour les nourrir. Filer mes clefs à quelqu’un que je ne connais pas, en voilà une idée qui m’a fait rêver. Non parce qu’à part peut-être trois personnes, je ne prête mes clefs à personne. Et le tout pendant trois semaines. Quand on voit ce qu’ils ont été capables de faire de mon appart en moins de deux jours, on se dit que comme meilleure idée il y a peut-être celle d’aller envahir la Russie en short sur un poney en plein hiver, à part ça je ne vois pas. Je lui ai donc gentiment proposé de retourner se tripoter (le cerveau) encore un peu et de revenir avec une vraie idée. Mais non, vraiment, elle ne trouvait pas.

Quand je l’ai menacée d’abandonner les chatons devant le refuge elle a miraculeusement trouvé deux familles d’accueil qui voulaient bien prendre une charge les chatons pour l’une et Creepy Cat pour l’autre. Moralité : le chantage ça fait de la magie. (Faites comme moi les enfants.)

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Le jour où la nana qui devait s’occuper de Creepy Cat est venue, je me suis rendu compte à quel point ce chat s’était transformé. Parce que j’ai réussi à le mettre dans une cage de transport (oui, certes, ça m’a pris une demi-heure et j’ai fini debout dans mon évier, sous les yeux de la nana qui avait l’air de se demander dans quoi elle s’embarquait, mais tout de même) sans me retrouver balafrée à vie. Il n’a même pas essayé de me griffer ou de se défendre. Il m’a juste regardé, terrorisé, avec des yeux tellement tristes. Je dois t’avouer qu’à ce moment le petit caillou orange qui me sert de coeur s’est légèrement fêlé. Bon, ensuite j’ai agité les bras de manière très dramatique en piaillant dans mon appart que j’étais TRISTE et ça allait mieux. Surtout que j’étais sûre que personne ne l’adopterait.

Depuis je l’ai récupéré, La Callas a arrêté de tournicoter dans l’appartement en miaulant à m’en fendre l’âme (oui, la mienne d’âme, parce qu’elle c’est un chat et les débats sont encore en cours afin de savoir si elle en possède une.) (Déjà que moi je suis une fille alors c’est pas sûr-sûr mais on va faire comme si.) Quant aux chatons et leur mère je les ai aussi récupérés (car je n’ai aucune volonté) (et que je suis un peu con) moins une parce qu’elle a été adoptée. Finalement trois ou deux chatons ça ne change pas grand-chose.

Je vais essayer de faire croire à mon proprio qu’il n’y a jamais eu de tapisserie dans la cuisine quand je déménagerai. Je ne suis pas persuadée que ça peut marcher mais sait-on jamais.

giphy

(ce gif n’a aucun rapport, il est juste beau.) 

Depuis j’ai l’impression de passer un tiers de ma vie à nettoyer ma cuisine (les deux autres tiers étant occupés par mon travail de la lose et par le sommeil) (ma vie, c’est cool) et ce n’est pas chose aisée quand tu dois composer avec deux chatons hyperactifs dont la passion pour déchirer la tapisserie n’a d’égale que celle de sauter sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un balai. Mais, grâce à une personne aux idées de génie j’ai découvert que si ces chats ne sont pas impressionés par de l’eau leur tombant délicatement (non) sur la tête, une bulle de savon suffit à leur faire perdre tout courage. Et franchement, avoir peur devant quelque chose d’aussi inoffensif c’est la honte (je peux me permettre, il me semble que je ne t’ai encore jamais parlé de ce dont j’ai peur)

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Cet été j’ai aussi découvert que si La Callas semble se battre la rate de mon existence le reste de l’année, l’été elle m’aime. Elle a passé un mois entier à ignorer très aimablement mes grands-parents qui s’occupaient d’elle (en restant systématiquement à moins d’un mètre d’eux quand même, ignorer des gens qui ne sont pas au courant c’est beaucoup moins drôle.) mais il suffisait que je passe devant le jardin pour entendre un concerto de miaulements en Ut mineur. J’ai vaguement essayé de la ramener dans le jardin de la maison où je logeais, mais  j’ai crains que le chat de ma mère, qui a la taille approximative d’un petit pingouin, n’essaie de la manger (et réussisse). J’ai donc été la rentrer chaque soir dans la maison voisine (je t’expliquerai bien mais c’est trop compliqué) (en fait j’ai la flemme) sous l’œil légèrement agacé de mes grands-parents qui avaient beau développer des systèmes ingénieux mais étaient incapables de la faire suffisamment approcher pour pouvoir fermer la porte. Ma technique à moi était très complexe : elle consistait à l’appeler par son nom, puis d’indiquer la porte en lui demandant de rentrer (La Callas est un teckel)

Je pourrais te raconter ce que j’ai fait de mes vacances aussi, ou comment j’ai occupé mon mois d’août entre deux passages d’aspirateur sur moquette susceptible mais si tu permets, je vais aller me reposer.

Ecrire des phrases c’est fatigant.

14 mai 2015 ~ 0 Commentaire

L’invasion des chats commence chez moi.

Je t’ai raconté l’arrivée de Creepy Cat chez moi en te disant que c’était tout de même une bonne idée à la con d’avoir accepté d’être famille d’accueil pour chats. Certes, maintenant il m’aime et me tourne toute la journée autour en ronronnant (sauf quand il se prend une branlée par La Callas) mais il a aussi l’habitude fantastique de sauter partout, le plus haut possible de préférence, avant de coller par terre tout ce qui se trouve sur son passage.

L'invasion des chats commence chez moi.  dans Parlons chats 6yjwZqU

Comme tu le sais, la cohérence et moi, c’est compliqué mais ça ne marche que pour moi. Si la personne qui me fait face n’est pas cohérente dans ses propos ou ses actions, j’angoisse. La vie est une source permanente d’angoisse pour moi (tu peux compatir si tu veux). Tout ça pour te dire qu’une fois que j’ai trouvé un bon filon de niveau de conneries, je l’exploite à mort. En ce moment j’ai donc six chats dans mon appartement-château, dont seule La Callas est la mienne. Tu te demandes peut-être comment on passe d’une connerie gérable à quatre autres comme ça d’un coup ? Moi aussi. J’ai un début d’explication : je suis une andouille. (Je milite pour la réhabilitation de ce mot) Le truc, c’est qu’on m’a pris par les sentiments (et franchement, c’est pas facile de choper quelqu’un par là, essaie, tu verras).

Il faut savoir que j’ai un énorme défaut qui m’empêchera probablement de devenir maître du monde (oui, maîtresse du monde ça renvoie une image un peu différente) : je hais les injustices. Vraiment. Quand j’étais petite, toute petite petite, en maternelle, il y avait deux filles dans ma classe, qui étaient lourdement handicapées et venaient de Guadeloupe pour subir des opérations. Aucune des deux ne parlait vraiment et elles faisaient des tas de grands mouvements bizarres avec leurs bras et l’une d’elle marchait qu’à l’aide d’un déambulateur. C’était mes copines et je me souviens tellement d’un jour où les autres se sont moqué d’elles parce qu’elles grognaient plus qu’elles ne riaient. J’avais été prise d’un élan de rage où j’avais eu envie de mettre des petits taquets dans la tête de tous les autres en criant que « Putain (mais je disais pas de gros mots à quatre ans) on comprend pas tout ce qu’elles disent et elles se marrent bizarrement mais elles sont trop super top cool ! Alors on se moque pas, bande de gros nazes ! » Je suis rentrée plusieurs fois de l’école ensuite, folle de rage parce que la maîtresse était méchante et injuste envers d’autres élèves. Elle ne me disait jamais rien mais j’aurais presque préféré parfois.

Je suis le genre de personne à être triste pour Simplet dans Blanche-Neige (Oh ! Il est neuneu le pauvre, tout le monde se fout de sa gueule mais c’est NORMAL ! Oh ! Ça va pas bien non ?) ou pour le petit champignon dans Fantasia que les gros champignons rejettent parce qu’il est différent.

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(Clique et pleure.)

Bref, tout ça pour te dire que l’empathie c’est de la merde et que quand je serai grande je serai un Cyberman.

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Je parlais de quoi au départ ? Ah oui, de l’invasion féline qui a lieu chez moi. Donc maintenant que j’ai dompté Creepy Cat, qui va beaucoup mieux même s’il a toujours peur quand j’éternue, je suis sur la page facebook de l’association qui s’occupe de ces chats et j’ai vu qu’ils avaient plein de mères gestantes ou avec des bébés que personne ne voulait garder le temps qu’ils soient sevrés. A ce moment j’ai un peu pleuré à l’intérieur (autant pour la tristesse de la situation que pour la langue française maltraitée sur cette page fb) (c’est incompatible de vouloir aider les animaux et de maîtriser un minimum l’écrit ?) et je me suis proposée. Non mais attends ! C’était hyper triste ! Depuis, en plus du chat fou et de La Callas, j’ai une mère et trois chatons (ils ont trois semaines et ils sont tellement, mais tellement MIGNONS) qui sont isolés dans ma cuisine pour ne pas que des combats de chats se déroulent sous mes yeux impuissants (en plus un chat quand ça crache, ça fait peur.)

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Alors dans ma cuisine ça sent comme dans la tanière d’un tigre qui aurait oublié d’ouvrir ses volets pendant une grosse semaine et je dois nettoyer tous les jours le sol autour de la litière parce que la chatte a quelques soucis pour viser (tu le sens le glamour dans ma vie ?) mais, je crois que je vais me répéter, c’est tellement MIGNON. Et puis l’autre jour j’ai reçu un sms de ma référente (ouais, j’ai une référente chats, c’est la classe) (open office me souligne le mot référente alors que bon, ça existe quoi) (référente) qui me demandait de nommer les petits assez rapidement. Bon, côté empathie je suis gâtée mais côté assumer des responsabilités j’ai été lésée. Parce que si, nommer des chatons c’est une énorme responsabilité. D’accord, les gens qui vont les adopter vont commencer par leur donner un autre nom mais quand même. Oui parce que La Callas ne s’appelait pas comme ça au départ, Creepy Cat non plus bizarrement. J’ai donc passé une heure à chercher des noms commençant par la lettre L mais je séchais à Loutre (et les gens de cette association n’ont tellement pas le sens de l’humour), j’ai fini par penser à Limousin mais on m’a fait signe qu’il ne fallait pas déconner quand même. Du coup j’ai fini par demander à quelqu’un d’autre de leur trouver un nom et sur les trois j’en ai modifié un qui était quand même trop vilain (le nom, pas le chaton), forcément c’est celui-là qui a fait tiquer ma référente. Je ne sais pas si je dois leur annoncer que j’ai rebaptisée la chatte qui a pour nom Minouche (c’est pas interdit d’appeler son chat Minouche ? Ça devrait.) et qu’elle s’appelle désormais Crinoline. Parce que.

Il y en a un des trois que je pensais un peu crétin, dans la mesure où je l’ai vu essayer de téter la jambe de sa mère puis la tête de sa sœur (rien que de l’écrire ça me fait rire, j’ai un humour évolué) et qu’il passe son temps à essayer de ramper sous sa mère et à essayer d’escalader les deux autres. Mais quand j’ai vu sa mère s’affaler gentiment sur lui, pendant qu’il couinait (si tu poses ton doigt sur un chaton, ça couine. Mais non, n’appuie pas ! T’es fou toi !) et que j’ai remarqué qu’elle faisait ça plusieurs fois par jour je me suis dit qu’il avait quelques excuses.

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Bon, tu m’excuseras mais je vais retourner dans ma cuisine, j’ai l’intention de monter une chorale dont les chansons seront composées exclusivement de couinements, et ça, ça n’attend pas.

13 mai 2015 ~ 0 Commentaire

La musica c’est aussi le soleil d’un autre jour.

(As-tu reconnu Patrick Juvet dans le titre ? Si oui, tu es vieux-vieille ou alors on risque de bien s’entendre)

Comme je te l’ai déjà dit, j’ai pas mal de passions dans la vie. Faire du vélo dans le couloir de mon appartement ou ranger mes livres par ordre alphabétique (et chronologiques quand ils sont du même auteur) ou encore jeter des affaires parce que je trouve que j’en ai trop. Mais tout ça ne se fait pas tout seul, non, je ne suis pas fonctionnelle si je n’écoute pas de musique. A part quand je dors, quand je suis obligée de communiquer avec des gens ou que j’en joue moi-même, il y a toujours toujours de la musique dans mes oreilles.

La musica c'est aussi le soleil d'un autre jour.  dans Un, deux trois, musique ! hdfi

Déjà je viens d’une famille où les gens chantent et jouent de la musique pour beaucoup. Quand j’étais petite, la chanson du soir était obligatoire. Les chansons en voiture aussi, pour que ma sœur et moi oubliions un peu d’être malades (moi je t’aurais laissé vite fait les gamins en garde avant de partir en vacances). Un des premiers trucs que je me souviens avoir été chercher de moi-même dans les cassettes (ouais, c’était des cassettes audio, ne dis rien) de mes parents c’était West Side Story et je ne sais plus quel album de Téléphone. En même temps j’avais découvert Nostalgie et j’écoutais ça toute la journée dans ma chambre que je ne partageais plus avec ma sœur, et apparemment voir sa gamine d’à peine dix ans te chanter du Michel Delpech ou du Gérard Lenorman, comme ça, par envie (alors que personne, personne n’écoutait ça chez moi) ça fait bizarre. D’ailleurs j’ai mis beaucoup trop longtemps à comprendre que la chanson Femme Libérée de Cookie Dingler (quelqu’un peut m’expliquer ce nom de scène ? On l’a obligé ?) ne parlait pas d’une femme qui sortait de prison.

En primaire je me suis découvert une passion pour Notre Dame de Paris, Roméo et Juliette et Alizée. Hum. J’en connais encore plein par cœur. Mes parents étaient ravis.

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(écoute si tu l’oses, moi je chante personnellement) 

Ma mère m’a fait découvrir Renaud pas très longtemps après, et j’ai commencé à demander ses albums comme cadeaux de Noël ou d’anniversaire et de les acheter avec mon petit pécule durement gagné (non.)

Je te rassure, entrée au collège j’écoutais aussi les L5 et Britney Spears, pour cette dernière je me rappelle avoir attendu des plombes devant ma chaîne pour pouvoir enregistrer les chansons qui passaient à la radio sur des cassettes que j’écoutais ensuite en boucle. D’ailleurs, si tu es vieux-vieille comme moi et que tu avais un baladeur-cassettes, tu te rappelles le bruit que ça faisait quand il tombait en rade de piles ? La voix devenait très très lente et très grave pour un court moment avant de s’éteindre. Ben Britney Spears ça devenait hilarant. J’avais aussi un cd d’Hélène Ségara qu’on m’avait offert (bon, je n’y étais pour rien sur ce coup-ci mais je l’ai écouté -et pas qu’une fois- et ça, c’est entièrement ma faute) et quelques singles fabuleux que j’étais très fière de pouvoir m’acheter. En vrac : Sully Sefil (c’est quand j’étais rebelle), Asia et Eve Angeli (ça, je ne me l’explique pas) ‘Laisse-moi un peu de toi, j’apprendrai à te reteniiiir’ (Tu peux rigoler si tu veux, mais tu as souvenir de ce que tu écoutais, toi ?) Je passais beaucoup trop de temps à regarder MCM et MTV aussi. Comme j’ai une grande capacité à retenir des nombres affolants de chansons par cœur, je crois que ma famille a beaucoup souffert (et souffre encore aujourd’hui). Oui, parce que j’aime chanter Eye of the tiger ou The Final countdown très fort et que Jésus est né en Provence a une place indétrônable dans mon cœur.

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(sous la tonnelle-euh des tamariiiiis)

A côté de ça, au même âge, j’avais une passion pour Les Doors et Serge Gainsbourg (non, mes goûts musicaux n’ont aucune cohérence). J’aime toujours autant Les Doors, Eve Angeli un tout petit peu moins quand même.

Aujourd’hui je peux écouter des trucs aussi variés que Nina Simone, Marie Laforêt (oui, je suis la seule personne de moins de soixante ans à écouter ça, mais je kiffe que veux-tu), Queen (veux-tu que je te dise à quel point j’aime Queen ? Non, tu ne veux pas, non), Elvis Presley, Thiéfaine, Bashung, Barbara, Anne Sylvestre Brassens, Dylan, Joplin, Patti Smith Dalida aussi (je t’ai dit que mes goûts musicaux n’ont aucune cohérence, m’embête pas), Sinatra, Mano Solo, les Têtes Raides… c’est juste un aperçu des gens qui chantent ça, il en manque beaucoup trop et je vais te passer la musique classique sinon on n’a pas fini. Tout ce qui concerne la musique révolutionnaire aussi, je prends.

Je nourris aussi une passion malsaine pour les chansons chorale (non, pas les enfoirés, non, surtout pas) We are the world et Chanson pour L’Ethiopie par exemple, me mettent dans une état de joie incomparable. C’est le côté foule, ça me plaît.

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(Lève ton briquet, fais attention à tes doigts et chante avec moi) (Bruce Springsteeeeeeeen !)

J’aime aussi énormément les chansons d’amour à texte (non), chantées avec une sincérité tire-larmes et des violons sanglotants derrière. Tu me mets Bonnie Tyler et j’en reviens à mon twist du genou, les envolées lyriques de Céline Dion et je m’époumone en chœur et si jamais tu passes Bryan Adams je ne réponds plus de rien.

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Un jour j’ai eu l’âge d’aller voir des concerts, avec des adultes d’abord, sans ensuite. Le premier dont je me rappelle c’était Renaud, j’avais 13 ans je crois. Il avait déjà une voix bien bien cassée, fumait clope sur clope sur scène mais ça me reste comme un souvenir incroyable. J’avais vu Renaud quoi ! J’ai été voir Bénabar ensuite. Je me rappelle une crise de presque hystérie dans la voiture avec mon père et ma sœur parce qu’on allait arriver en retard (je suis quelqu’un de très mesuré, tu te rappelles ?) Bon finalement on était grave à la bourre, mais tout le reste du public aussi puisque l’après-midi des agriculteurs avaient balancé des artichauts ou des choux-fleurs partout sur les routes pour protester (la Bretagne, ça poutre) alors ils avaient retardé le début du concert, comme ça on a pu aussi assister à la première partie (quel ennui). J’ai aussi vu Placebo quand j’étais au collège, j’ai d’ailleurs été sourde d’une oreille pendant près de deux jours après à cause de l’hystérie criante (littéralement) de l’amie avec qui j’étais. J’ai été voir Saez aussi, quand j’étais très rebelle mais je ne m’en souviens pas. Un peu en vrac j’ai vu Iggy Pop, Eiffel, Lou Reed, Bob Dylan, Mano Solo (bouhouhou), les Têtes Raides (trois fois, en prévenant tout mon entourage plus de six mois avant. Ils me haïssent), Thiéfaine, Jethro Tull, Miossec, Tiken Jah Fakoly, Sanseverino, Bashung… Cesaria Evora et Joan Baez quand j’étais minuscule aussi, je ne m’en souviens pas mais c’est super classe. Hé, j’ai vu Pierre Perret aussi ! (Les festivals ça a du bon)

Maintenant je me demande qui je pourrais encore voir en concert qui me tiendrait autant à cœur que ceux que j’ai déjà vu. Je ne parle pas de ceux qui sont morts ou des groupes qui n’existent plus hein. Je suis plutôt au courant que pour voir les Doors, Joplin (Janis, parce que Scott c’est pas un prénom) Bérurier Noir ou Queen (non, Paul Rodgers ne compte pas) c’est foutu. Ou plutôt si, je sais, je n’ai pas parlé de classique mais si je pouvais un jour avoir la chance de voir Le Concert des Nations ou Hesperion XXI (n’importe quoi avec Jordi Savall en fait), même roulée en boule sous un siège, je serai même prête à faire des câlins et à téléphoner à des gens, c’est te dire. Si je pouvais entendre en vrai Inessa Galante aussi, je ne dirai certainement pas non

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(cette voix, non mais écoute cette voix !)

Après, il sera aussi possible de me torturer en me faisant écouter contre mon gré pas mal de choses (ce blog regorge d’indices très subtils) mais j’essaie désormais de me calmer sur mon snobisme musical (ouais, quand on est capable d’écouter Mike Brant, parce que Mike Brant quoi, il vaut mieux fermer sa gueule)

Et toi, tu écoutes quoi ? Tu as des hontes musicales passées ou présentes ? Viens m’en parler, je vais te décomplexer moi, parce que j’assume tout ça, vraiment, pour me foutre la honte malgré mes goûts perplexants (ce mot n’existe pas, je l’invente donc) il faut y aller. Alors si je peux, toi aussi, non ?

13 mai 2015 ~ 1 Commentaire

Le travail c’est la santé

Hé ! Salut ! Comment tu vas ? Moi ça va, tout va bien.

Je t’ai manqué ? Je sais, je sais, je suis désolée mais j’étais très occupée pendant ces deux semaines. Entre deux siestes j’avais plein de trucs à faire, entre mon deuxième boulot (nul) et mes week-ends théâtre (pas nul) je n’ai pas vraiment pris le temps d’écrire quoi que ce soit. Et puis surtout j’ai été très occupée à détester quelqu’un. Normalement je ne déteste personne, jamais, mais cette fois j’ai trouvé un gagnant. J’en ai été très perturbée, tu comprends ? Bon, arrête de sangloter maintenant, tu vois bien que je suis revenue.

Le travail c'est la santé  dans Travail de rêves Fc9elLu

Je t’ai fait rêver avec mon travail pour lequel tu me jalouses atrocement, mais je ne t’ai pas raconté ce que j’ai fait avant.

Depuis plus de dix ans (oui je suis vieille, reste poli-e ou je m’en vais) je fait du baby-sitting, ce qui me permet de pouvoir manger après avoir payé mon loyer. Pour une raison qui reste obscure à ce jour, des gens continuent à me confier leurs enfants le temps d’une soirée, d’un après-midi ou même d’un week-end. Parfois c’est un job difficile, quand le gamin te fait lire Vingt-mille lieues sous les mers à chaque fois que tu viens le garder par exemple. Ce bouquin est abominable, je préfère encore lire Toupie. Certes Flocon l’ourson n’est pas très évolué mais tu peux y lire de belles phrases comme “Il vit qu’on lui avait volé son vélo” (lis à voix haute, si, vas-y) et te faire engueuler par une gamine de quatre ans “parce qu’il faut lire, c’est pas drôôôôle” (Si).

 dans Travail de rêves

Sinon après mes dix-huit ans j’ai abandonné la fac, où je m’étais judicieusement inscrite en socio pour faire comme SuperColoc (j’ai arrêté avant la Toussaint, elle n’a pas tenu jusqu’aux derniers partiels) et j’ai cherché du taf pour éviter de trop m’ennuyer. J’ai envoyé seulement deux lettres de motivation, parce qu’après ça j’étais trop fatiguée, j’ai reçu une réponse négative et une positive. J’ai donc commencé au mois de décembre à être payée pour faire des paquets-cadeaux. Ouais, je sais. Je travaillais pour la plus grande librairie de la ville dont le patron possédait aussi un magasin de disques juste à côté et un magasin de jeux, et de plein de choses pour les gamins. Le truc le plus chouette dans cette histoire c’est qu’on passait la journée dehors. 9h-20h à l’extérieur, sous des espèces de poteaux chauffants qui te cramaient le cerveau mais te laissaient les pieds en proie aux engelures. Je vais être honnête, c’est le boulot où j’ai été le plus douée (j’ai des capacités très limitées mais je sais faire de magnifiques paquets-cadeaux maintenant). C’est vrai qu’emballer deux gros livres de photos est plus facile que d’empaqueter une trottinette mais avec un peu de bonne volonté, on y arrive. Pour je ne sais plus quelle raison, ma cheffe a décidé qu’il fallait aussi m’apprendre à me servir de la caisse (à l’intérieur du magasin ! Et assise ! Le luxe !) et des tas d’autres petits trucs. Je te raconte pas la fierté, j’avais l’impression d’être promue en moins d’une semaine. Du coup, quand il y avait vraiment trop de monde à faire la queue (le savais-tu ? Les magasins sont généralement bondés au mois de décembre) on m’appelait à la librairie pour que j’ouvre une nouvelle caisse et je faisais ça avec un talent inégalé. En voyant mon aisance et ma politesse naturelles (je suis l’hypocrisie même, je peux sourire autant de fois que nécessaire sans montrer que j’ai envie de démembrer la personne qui vient d’arriver avec 72 livres et veut un paquet-cadeau pour chaque à l’heure de la fermeture) j’ai aussi été appelée au magasin de disques quand les gens prenaient leur pause. Finalement j’ai passé assez peu de temps à l’extérieur, je me sentais si spéciale. J’ai pu ne pas trop dépenser d’argent pour Noël avec les super réductions que j’avais sur les trois magasins, y étant employée. Dans tout ça le plus dur ce n’était pas de travailler debout, dehors avec les mains qui gèlent mais d’être dans le magasin de disques et de me retenir de sauter sauvagement sur l’un de mes collègues plus âgé que moi. Ce genre d’envie me prend à peu près aussi souvent que le fait de détester quelqu’un. Mais comme j’étais quelqu’un d’une retenue exemplaire (ou absolument pas sûre de moi, rapport principalement à l’alligatorite qui m’envahissait si tu te souviens, c’est au choix) et même si j’avais la très forte sensation qu’il n’aurait pas dit non, j’ai conservé le plus grand calme apparent. Ne dis rien, j’étais jeune.

aroused

J’ai continué à travailler pour eux de temps en temps pendant trois ou quatre ans, pour des inventaires, remplacer quelqu’un le temps d’un congé, tenir la caisse dans le salon le plus ennuyeux du monde… J’étais si riche !

Un été, j’ai trouvé que c’était une bonne idée de me proposer comme stagiaire dans une boîte d’assurances. Si tu suis un peu le blog, tu auras vite compris que je n’avais strictement aucune qualifications pour, mais encore une fois pour une raison obscure j’ai été prise et j’ai même été payée. Finalement les qualifications que je n’ai pas comptaient peu dans la mesure où j’ai trié des dossiers, fait des saisies informatiques et téléphoné (nooooon) à des gens qui avaient oublié de mentionner le prénom ou la date de naissance de leur enfant. Là, le plus dur c’était d’écouter MFM toute la journée. Crois-moi c’est pas facile.

Maintenant je suis donc nettoyeuse d’escaliers, je suis engagée par une dame pour aller chercher ses marmots à l’école certains soirs, je fais souvent du baby-sitting et même parfois du cat-sitting, c’est-à-dire que je suis payée de manière indécente pour donner des croquettes à des chats et c’est tout.

 OMG-WHAT

Et toi, tu as fait des petits boulots très intéressants ? Dis-moi tout.

30 avril 2015 ~ 0 Commentaire

La vie est parfois un fleuve intranquille.

Tu as remarqué ce qu’il se passe quand on approche à petits pas de l’été dans les rues ? Les gens se dénudent, comme si les 13° de fin de mois d’avril étaient bien plus chauds que ceux du mois de janvier. Bon, pas tous évidemment ; il y a des gens qui portent écharpe et bonnet jusqu’au 15 août.

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Du coup ce matin il y avait ceux emmitouflés dans leur gros manteaux d’hiver et ceux en shorts et tongs. Je vais te dire, j’admire un peu ces derniers qui sont capables de se promener presque pieds-nus sous la pluie et en même temps je ne peux pas m’empêcher de me demander, mais qu’est-ce qui ne va pas chez eux ? Non mais sérieusement, c’est hyper dangereux ! Je veux dire, un pied mouillé dans une tong ça glisse ! Tu peux te fouler un ongle d’orteil comme ça. En ce qui me concerne je suis capable de me niquer un nerf en m’asseyant en tailleur alors je ne me risquerai jamais à un tel danger. Mon médecin m’avait expliqué qu’il voyait ça de temps en temps chez les étudiants qui révisaient trop souvent assis en tailleur sur une surface molle. J’avais l’air studieuse alors j’étais ravie mais en vrai je regardais des tutoriels vernis à ongles sur youtube assise sur mon lit à la place de bosser pour mes partiels.

D’ailleurs quand on a pris notre premier appart avec SuperColoc elle était déjà persuadée de devoir m’emmener aux urgences au moins une dizaine de fois le premier mois. Elle avait essayé d’instaurer le port de moufles dans la cuisine pour éviter que je me tranche un doigt avec un presse-agrumes. Ce n’est peut-être pas un très bon exemple mais quand on sait que j’ai réussi à m’ouvrir le doigt avec une cuillère puis plus tard avec le morceau de carton qui sert à découper le cellophane on se dit que ses inquiétudes étaient peut-être justifiées. Mais comme cette personne est l’inverse même de la cohérence elle a trouvé judicieux d’acheter peu après un couteau à pain à double lames. Le truc qui coupe des DEUX côtés ! Tu ne peux pas mettre ça entre les mains d’une personne qui se brûle en collant son doigt dans le fond d’une casserole pour savoir si c’est chaud (ça fait pschiiit aïe ! quand c’est chaud normalement), je crois même que c’est puni par la loi, non ? Du coup j’ai mangé du pain de mie pendant toute notre colocation, ça résolvait le problème. Je ne suis même pas particulièrement maladroite pourtant, mon cerveau n’est juste pas fonctionnel à plein temps et mon instinct de survie est visiblement plus bas que chez les autres gens. Les normaux quoi, ceux qui ne se font pas de tendinite en courant en chaussures à talons (l’utilisation d’alcool n’a rien à voir dans cette situation) (si).

Finalement avec cette capacité très utile à se faire mal dans une pièce remplie de balles de coton (ceci n’est pas une situation vécue, je ne connais pas de tels endroits) il aurait pu m’arriver bien pire. Je veux dire par là que mes membres sont tous, encore aujourd’hui, totalement en état de marche et que je n’ai aucune séquelles de mes divers « accidents ». Bon à part mon bras gauche qui refuse de se plier correctement jusqu’au bout mais je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit très important dans ma vie de tous les jours.

Un été, je me suis abîmé les tendons d’un genou sans savoir ni comment ni quand. Du coup j’ai passé plusieurs jours à marcher et courir comme d’habitude (pour préparer un spectacle de théâtre en déambulation la course, sinon c’est hors de question) et j’aurais peut-être pu y faire quelque chose avant si j’avais noté la couleur bleuâtre du genou et son côté enflé mais j’avais oublié de regarder. Je suis très peu préoccupée par ce genre de choses si terre-à-terre. Déjà à 10 ans bien qu’étant tombée dans les escaliers de mon école à 10h le matin et avoir été incapable de bouger mon bras de toute la journée je n’ai pensé à en avertir ma mère qu’au moment de dîner. Elle aurait préféré manger tranquillement plutôt que de m’emmener me faire plâtrer le bras mais que voulez-vous, personne ne l’a obligée à faire des enfants non plus. Pour tout te dire, le plus chiant avec un bras dans le plâtre, après se laver les cheveux évidemment (vas-y essaies avant de te moquer !) c’est de manger un yaourt (voir parenthèse précédente). Rigole si tu veux, mais un pot de yaourt que tu ne peux pas bloquer de tes petits doigts agiles, hé bien quand tu bouges la cuillère, il bouge aussi ! Par contre ne pas pouvoir écrire pendant presque deux mois à l’école ne m’a pas traumatisé plus que ça. (J’ai toujours été bonne élève)

Je me suis aussi fait une entorse un jour juste parce que j’avais des chaussures nulles. Oui, tu peux te faire des entorses en ne faisant rien de particulier. En tout cas moi je peux. Une fois que mon pied a arrêté d’être bleu-vert-jaune-violet-noir (miam) un poney a marché dessus. Mais du coup, cette fois-là, en toute logique, il ne s’est rien passé. C’est moi ou quand on est capable de parler de la fois où un poney nous a marché sur le pied sans considérer que ça rentre dans le cadre de trucs bizarres qui nous sont arrivés, on a une vie chelou ?

La vie est parfois un fleuve intranquille. pancake

(je vais juste poser ça là et le laisser ici, d’accord ?) (ou pas, c’est pareil) 

Bon, j’ai quand même fini une fois aux urgences, durant notre colocation (une seule !) après m’être étalée de tout mon long au milieu de la nuit sur un tabouret qui trônait fièrement au centre de la pièce. Ma nuque a violemment percuté le bord du tabouret et, si des gens peuvent mourir de ce genre de coups, moi j’avais mal au bras.Ne cherche pas d’explications, tu vas avoir mal à la tête. Je ne te raconte pas en détails la suite des événements parce que, même si ce n’est pas flagrant, je voudrais conserver un tout petit peu de dignité. Comme le lendemain je ne pouvais toujours pas bouger mon bras SuperColoc et ma sœur m’ont obligée à aller aux urgences. J’ai obtempéré en râlant parce qu’il fallait bien qu’on rentre et qu’étrangement ce n’était pas moi qui conduisais cette fois-ci. Mais j’avais juré que je n’avais rien de grave, rien, rien, rien et que ce n’était pas la peine. Au bout de trois heures d’attente à manger des bonbons vers luisants bicolores un médecin est venu me chercher et me coller dans une chaise roulante (quand on a mal au bras ça fait sens). J’ai rarement vue SuperColoc rire autant qu’en me voyant triste et abandonnée dans un couloir d’hôpital assise dans un fauteuil roulant en me tenant le bras. Cette fille n’est pas une bonne personne. Le médecin a donc fini par me dire que je m’étais probablement tapé un nerf ou un truc comme ça (oui ce sont ses mots, c’est rassurant non ?) En sortant de là j’étais triomphante, certes je n’ai pas pu bouger le bras pendant plusieurs jours et il s’est orné d’une très belle ecchymose mais au moins je n’avais rien de grave et j’avais donc raison ! (et j’aime avoir raison) (vivre avec moi, c’est dur).

 proud colocation

Et toi,tu t’es déjà foulé un cheveu en te regardant dans le miroir ? Tu portes des tongs quand il pleut ou bien tu portes une parka pour aller te baigner en été ? Fais-tu partie des gens qui utilisent réellement le mot parka ? Sais-tu accorder les adjectifs avec le mot gens ? (toi aussi amuse-toi avec le wikitionnaire) Tu connais un endroit remplie de balles de coton ? Raconte-moi tout, mais vraiment, tu peux me raconter tu sais !

28 avril 2015 ~ 0 Commentaire

Le mardi c’est fouillis.

Le mardi je commence tôt. Beaucoup trop tôt. Gémis un peu avec moi s’il-te-plaît.

Le mardi c'est fouillis. dans Travail de rêves 2sbp

(Ce gif vient de me rendre immensément triste)

Bon, ne me plains pas trop non plus : pour être honnête je finis à midi et je ne fous à peu près plus rien de ma journée ensuite (à part la sieste).

Si tu es un peu attentif-ve tu auras remarqué que si je ne dors pas en moyenne 17h par jour (jamais) je suis trop fatiguée pour faire des choses constructives (toujours, donc). Et ce matin, j’étais très fatiguée. D’abord parce que j’avais très très peu dormi rapport au fait que La Callas ne supporte pas que Creepy Cat soit trop près de moi et que ce dernier aime m’utiliser comme coussin (ouais, il a changé), elle lui saute donc régulièrement et violemment sur le dos pendant qu’il s’enfuit après avoir sorti les griffes. J’ai le ventre en pointillés maintenant. Et ensuite je me suis réveillée en sursaut parce que quelqu’un venait d’abîmer l’aile gauche de ma voiture en y collant un coup de pied (hé ouais, les rares rêves dont je me rappelle sont ultra intéressants). J’ai chaussé mes chaussures les plus neuves (moins de trois ans donc) en me demandant pourquoi je ne les mettais jamais pour aller travailler avant de partir vaillamment frotter des confettis et aspirer des bureaux, ou l’inverse je ne sais plus.

En général quand il est trop tôt, pour essayer de me réveiller un peu avant qu’il soit l’heure d’aller me coucher je me mets de la musique très fort dans les oreilles. Genre ça :

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(comme ça je me déhanche pendant deux bonnes minutes et après je suis encore plus épuisée par tant d’efforts physiques)

Mais ça fait au moins deux mois que je n’ai pas rechargé mon mp3 pour la simple raison que mon ordinateur ne possède qu’un seul port usb. Et comme je passe une bonne moitié de ma vie devant mon ordinateur et que je ne conçois pas son usage sans souris (que j’ai volée à SuperColoc) parce que ma souris tactile me hait, recharger mon mp3 me demanderait un grand sacrifice. Et non, pour répondre à ta question je ne réfléchis jamais avant de dépenser de l’argent. Donc à la place j’écoute FranceInter, principalement pour sa programmation musicale en fait (non). On est d’accord, je twiste moins du genou du coup mais j’ai l’impression de m’informer comme ça. Et puis je trouve ça tellement réconfortant d’entendre parler du séisme au Népal, des immigrants qui se noient et les politiques réussir systématiquement à esquiver chaque question qui leur est posée. Comme ce matin j’étais particulièrement attentive (d’habitude je n’enregistre qu’un mot sur deux) j’ai relevé plusieurs trucs qui m’ont beaucoup plu.

D’abord la question fabuleuse d’un journaliste à sa correspondante sur place “Dans quel état d’esprit se réveille Katmandou ce matin ?”

ksbp député ump dans Travail de rêves

Hé bien dans la joie et la bonne humeur, imbécile.

Toujours dans le même pays j’aime bien qu’on m’informe de la mort de deux français avant même de me parler des autres morts. Hé, je ne suis pas sans coeur, bien sûr que c’est triste, mais est-ce que vraiment à eux deux ils sont plus importants que plus de 4000 Népalais ?

Ensuite j’ai pu entendre une traduction un peu perfide à propos de Baltimore où un mec expliquait que la ville s’était appauvrie parce que ceux qui avait de l’argent étaient partis “to feel safer” (pour se sentir plus en sécurité) et le traducteur nous a informés que les plus riches avaient quitté la ville pour être en sécurité. Ce n’est peut-être pas grand-chose mais l’Américain parlait d’un sentiment de ces gens-là tandis que le journaliste l’a transformé en un fait : ils ont quitté la ville pour se mettre en sécurité (sous-entendu : car la ville est dangereuse)

Et ma préférée de toute la journée : Thierry Solère (député UMP) s’est un peu emmêlé les pinceaux ce matin en se demandant “Est-ce que vraiment cette loi, elle va permettre de lutter efficacement contre l’anti-terrorisme ?” Je ne sais pas Thierry, je ne sais pas. Mais je ne suis pas entièrement sûre que ce soit le but premier non plus.

Ensuite, quand mes pieds ont commencé à ne faire qu’un avec mes chaussures et que je me découvrais des nerfs jusqu’alors inconnus je me suis rappelée de la raison qui me poussait à ne les porter qu’en cas d’extrême urgence. Je suis rentrée chez moi en pleurant très fort intérieurement et j’ai résisté à l’appel de la sieste (je suis si courageuse) car j’avais des choses bien plus vitales à faire, comme me couper les ongles. (Mais un peu moins salement que lui)

nrvs elvis

Et toi, tu écoutes des radios pour te tenir informé-e ? Si oui, comprends-tu tous les mots utilisés ? Si oui, encore, pourras-tu me les expliquer ?

26 avril 2015 ~ 1 Commentaire

Parlons bien, parlons fort, parlons sport.

Aujourd’hui c’est dimanche. Normalement c’est le jour où j’essaie de faire du rangement et du ménage dans mon château (tu verrais la prix de mon appart par rapport à sa taille, je t’assure que c’est un château) mais en général je termine devant youtube à regarder des quokkas me sourire avant de faire la sieste (pour moi la sieste, pour les quokkas j’en sais rien) Parfois quand il est 15h, que mes volets sont encore fermés et que je suis toujours en pyjama devant mon ordinateur à regarder des Mariachis jouer la sérénade à un béluga je me dis que je pourrais faire des choses un peu plus constructives dans ma vie.

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(Vas-y clique, c’est une des meilleurs vidéos du monde)

Les jours de grand désespoir neurasthénique je me dis même que parfois, vraiment parfois, je pourrais par exemple faire un peu de sport. Bon ça c’est vraiment les jours où tout va mal, sinon j’oublie vite cette idée folle. D’abord il faut savoir que je fume (beaucoup trop), que je ne comprends pas le concept de se faire mal pendant deux heures avant de douiller une semaine entière à cause des courbatures et qu’ensuite je suis une feignasse, voire la reine des feignasses. Ne te sens pas agressé-e si tu es sportif-ve, c’est juste que je comprends pas ton mode de vie. Mais alors vraiment pas du tout. SuperColoc par exemple fait beaucoup de sport et ça ne m’empêche pas de l’aimer (mais je ne vais pas te mentir, j’ai hésité au départ, ça me chamboulait trop) Pourtant, j’ai fait plein d’activités plus ou moins sportives depuis que je suis toute petite.

Mes parents nous ont emmenées, quand on était toutes gamines ma sœur et moi aux bébés nageurs. Je pense que c’était moins pour nous familiariser avec l’eau que pour espérer qu’au moins l’une d’entre nous finirait par se noyer. Après on a été inscrites à l’expression corporelle, vers mes cinq ans. J’ai même des vidéos de ça, c’est tellement beau. Je me rappelle principalement avoir dansé derrière un bâton sur la musique du Pinocchio (le film de Comencini pas le dessin animé) et d’avoir failli mourir en tombant d’un énorme ballon rebondissant (ma vie a toujours été très difficile).

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(Clique clique ! Y’a une chanson à peine entêtante et le môme le plus adorable d’au moins toute l’Italie)

J’ai fait du judo après ça. J’étais la plus petite en taille et en âge du club. Et j’étais assez mauvaise. Je connaissais toutes les prises, ce n’était pas ça le problème. Je n’étais juste absolument pas combative. Les autres étaient trop grands, alors je n’avais pas peur mais j’étais seulement sûre de finir au tapis avant même d’avoir salué. Au moins j’avais des abdos en béton pendant plusieurs années. Ce qui est un peu dommage c’est qu’à huit ans, en général, tu t’en fous un peu de ce genre de choses. J’ai quand même eu ma ceinture bleue avant de prendre conscience qu’il fallait arrêter la catastrophe.

Ensuite j’ai fait du basket. J’ai excellé dans ce sport ! (Non) Ce que je sais c’est que même si j’en ai fait pendant deux ans je ne connais toujours pas les règles. En plus j’avais peur du ballon à cause de mes lunettes. Maintenant je porte des lentilles mais les ballons de basket me font toujours peur. ( Tu le sens le niveau là ?)

Un jour, avec deux amies du collège on a décidé de faire du hip-hop. Trouver un film de ces instants magiques serait un des plus beaux moments de ma vie. J’ai rarement été aussi nulle à quelque chose. Bon, pour me rendre justice j’ai appris au moins deux trucs dont un genre de roue sans les mains.

Parlons bien, parlons fort, parlons sport.  dans Questions du dimanche baby-dance

(cet enfant est bien plus stylé que moi)

J’ai fait de la plongée aussi. Ça c’était cool ! Il fallait apprendre plusieurs signes pour indiquer que tout allait bien, que tu allais manquer d’oxygène, qu’une roussette (par chez-moi les requins blancs sont rares) allait t’attaquer ou que tu voulais t’arrêter pour chatouiller une anémone. On apprenait tous ces trucs-là dans une piscine et puis après on allait défier le froid marin pour voir des méduses de près le dimanche matin. Plusieurs fois des week-end plongée ont été organisés. On dormait dans des tentes, on mangeait de la crème Mont Blanc à la vanille (ne reproduis pas ça chez toi) et accessoirement on revêtait nos plus belles combinaisons avant d’aller se peler les miches dans l’eau à -12°. Une des fois j’étais interdite de baignade pour cause de bras dans le plâtre mais je me suis bien amusée en emmenant mon petit frère courir dans les rochers et faire des genres de sauts périlleux pendant que ma mère essayait de ne pas succomber à une attaque cardiaque. Un peu après j’ai essayé de me tuer en pleine course dans le noir en me prenant les pieds dans un fil qui tendait la tente. J’ai abandonné quand je n’ai plus réussi à supporter la température de l’eau (tu sais, quand c’est trop froid tu hyperventiles pendant un court temps avant de te calmer, ben moi ça ne s’arrêtait jamais), de devoir me lever le seul jour où je n’avais pas cours et d’être systématiquement malade dès que le bateau démarrait (je te fais toujours rêver j’espère).

En même temps que tous ces trucs-là j’ai fait de la natation pendant à peu près mille ans. J’ai découvert que je faisais de l’asthme de l’effort en voyant les regards effarés des maîtres-nageurs-ses qui se demandaient à quel moment ils allaient devoir se jeter à l’eau pour me sauver la vie (jamais). Pendant l’été on faisait des courses avec ma sœur en nageant jusqu’à la bouée qui indiquait que tu pouvais continuer à nager si ton trip était de risquer de te faire assommer par un zodiac. On n’a jamais nagé aussi vite que la fois où ma sœur a collé son pied sur une méduse, on aurait explosé le record olympique si on avait eu des témoins.

Et puis on m’a obligée à faire du sport à l’école, et ça… non. Sérieusement, tu m’expliques comment on peut croire qu’apprendre l’Ultimate (du frisbee donc) à des collégiens dans un gymnase minuscule est une bonne idée ? A part ça j’ai dû faire du basket je crois, j’avais l’avantage d’être plus grande que tout le monde, sauf une géante, et d’en avoir fait un tout petit peu à l’extérieur.

Au lycée j’ai été forcée de faire des choses atroces, comme de la course (tu me fais courir plus de quatorze secondes et je m’effondre au sol en hurlant qu’il y a des lois contre ça), du badminton (je ne vois pas le volant quand il s’approche à moins de deux mètres de moi), du volley (j’ai personnellement des os dans les poignets, ce qui rend tout ça bien trop douloureux), du rugby (je ne me roule pas dans la boue pendant que des gens me foncent dessus, ça va pas bien non ?), de la danse (mais ça c’était drôle parce qu’on avait le droit de faire n’importe quoi)… On a même essayé de me faire faire du lancer de disque mais je n’ai jamais réussi à faire tenir ce machin dans ma main. En terminale j’ai séché la quasi totalité de mes cours de sport avant de me pointer pour l’examen et de repartir avec un 19 en natation

audrey-deal basket dans Questions du dimanche

sous le regard absolument écœuré du prof qui aurait tellement aimé me faire rater mon bac (je le comprends) (je te parlerai plus tard de l’amour immodéré qu’une majorité de mes profs éprouvaient pour moi).

Le seul truc que je veux bien faire aujourd’hui c’est courir après les gamins dont je m’occupe (ça ne se voit pas mais en vrai j’ai 7 ans et demi) et parfois du vélo quand il fait beau, qu’il n’y a pas de vent et que le trajet est plat. Par contre je bats des records de vitesse de vélo pliable en montée quand j’ai trop bu (l’alcool est mauvais pour la santé).

Et toi, tu fais du sport ? Tu bouges ton corps en rythme devant des rediffs du Gym Tonic ? Tu secoues tes fesses en boîte de nuit le samedi soir pour éliminer les trente-trois whisky-coca que tu viens d’ingurgiter ? Ou tu préfères regarder des documentaires animaliers en essayant de battre le record de la personne la plus immobile du monde ? Raconte-moi tout.

Et puis comme c’est dimanche, je me pose quelques questions que je voudrais partager avec toi.

La France pense-t-elle gagner l’Eurovision cette année ?

Est-il possible qu’un des chats se dévoue pour faire le ménage à ma place ?

Vais-je regarder Koh Lanta cette année ?

Est-ce que je serais capable de laisser Creepy Cat partir si un jour quelqu’un veut l’adopter ?

Est-ce qu’on pourrait empêcher des milliers de gens de se noyer quand leur bateau de fortune se renverse ?

Pourrait-on m’expliquer comment vient la passion du Curling ?

Le savon framboise-pâte d’amande va-t-il être interdit à la vente pour cause d’agressivité olfactive ?

Qu’emmène un jockey à la piscine ? (son poney de bain) (blague carambar hilarante)

Maintenant je vais donc aller faire deux heures de sieste avant d’aller me coucher.

25 avril 2015 ~ 0 Commentaire

L’alligatorite.

Bon, ça fait un moment que j’ai pas écrit mais j’avais de bonnes raisons. J’avais sieste. J’ai la capacité incroyable d’être absolument tout le temps fatiguée. Du coup j’ai dormi. Et toi t’as fait quoi ?

L'alligatorite. tired

Aujourd’hui je vais te parler d’un sujet pas drôle du tout, d’un sujet terrible, alors sois courageux.

Il faut que je commence par te dire que mes parents m’ont toujours détestée. Si, je t’assure ; ils se sont dit que des trois gamins je serai celle qui cumule les tares. La seule bigleuse de ma fratrie, c’est moi. Celle qui se chope toutes les maladies les plus chelou les unes que les autres, c’est moi. Celle qui fait des allergies à des tas de trucs inconnus, c’est qui ? Ben c’est moi, tu suis pas là. Celle qui a des os en mousse et des tendons en carton mouillé, c’est encore moi ! Tout ça pour te dire que depuis gamine j’ai développé une super maladie, qui attaque la peau et qui s’appelle l’alligatorite (rapport à leur jolie peau douce) (cherche pas sur google, je viens d’inventer le mot, tu planes aujourd’hui). Heureusement ce n’est pas dangereux comme maladie, enfin en théorie du moins, parce que les médecins ils en savent peu sur le sujet. Ce serait génétique, lié à ton alimentation, à ton niveau de stress et de fatigue, à certaines prises de médicaments, un peu psychosomatique et complètement imprévisible. On sait juste que c’est le même principe que le cancer : les cellules de ta peau se renouvellent beaucoup beaucoup trop vite, c’est tout. Le concept c’est que personne ne sait pourquoi tu as ça, ni pour combien de temps parce qu’aussi bien ça peut disparaître aussi vite que c’est venu, ou réapparaître plus tard ou encore ne jamais partir.

no-answer allergies

Donc, l’année de mes dix-huit ans je vivais une période de bonheur complet (non) (l’adolescence c’est nul) et petit à petit sans trop y faire gaffe au début je me suis retrouvée plus ou moins recouverte d’alligatorite. Je n’ai aucune idée de pourquoi je n’ai pas pris rendez-vous chez un médecin plus tôt, ou plutôt si ; je suis le genre de personne qui ne va voir son médecin que lorsqu’une otite dure depuis un mois. Pas avant, faut pas déconner. Le truc, c’est que même si ce n’est pas dangereux ou contagieux, c’est pas forcément évident à supporter. D’abord c’est laid, très. Ensuite ça gratte, vraiment beaucoup beaucoup. Tu vois les piqûres de moustique ? Visuellement c’est différent mais ça te démange pareil. Maintenant imagine que tu en as à peu près partout, tu vas voir c’est plaisant. Et puis au bout d’un moment, tu douilles. En tout cas moi, oui. J’avais juste la chance d’avoir le visage à peu près épargné par cette double peau très seyante. Je me rongeais les ongles au max pour éviter de me griffer de partout en me grattant frénétiquement mais j’ai aussi songé à utiliser une râpe à fromage pour me soulager. (Miam).

A ce moment je travaillais chez un disquaire (c’est le seul taf que j’ai bien aimé faire, je te raconterai un jour) et comme c’était l’hiver c’était surchauffé. Mais ma peau qui était déjà sèche sèche sèche et super abîmée aimait moyen l’ambiance. Pour que tu visualises un peu : j’en avais, entre autres, à l’intérieur des coudes et plus la journée avançait plus la chaleur sèche me craquelait la peau et m’empêchait de plier correctement les bras. Oui voilà, je ressemblais à un Playmobil pouilleux. Mon cdd s’est terminé et j’ai fini par prendre rendez-vous à l’hôpital auprès d’une dermato. D’abord elle m’a proposé multiples crèmes plus ou moins efficaces qui empêchaient les démangeaisons mais qui ne faisait absolument pas partir l’alligatorite. Je me grattais donc moins mais je collais systématiquement à mes fringues et dégageait une étrange odeur d’argile (pas miam) Et puis je mesure 1m70, je ne sais pas si tu imagines la surface à recouvrir de crème matin et soir ! Certes, je n’avais que ça à faire mais il faisait trop froid dans cet appartement là pour avoir le courage de se préparer en marinade.

Et puis elle m’a proposé de faire des UV (le soleil est bénéfique paraît-il mais je vis en Bretagne hein), ce qui consistait en fait à entrer dans une boîte pour me faire bombarder d’UV pendant un temps croissant au fur et à mesure des séances. Le truc rigolo c’est qu’évidemment fallait y aller à poil. Je me retrouvais donc trois fois par semaine dans une salle d’hosto avec une infirmière qui programmait la machine avant de sortir et de me laisser me désaper avant d’entrer dedans. Il fallait aussi te munir de magnifiques petites lunettes genre lunettes de piscines ratées et en gros le truc bipait très fort au début et à la fin. Au départ ça durait à peine cinq minutes et j’ai fini par y passer à peu près vingt minutes. Vingt minutes debout dans une caisse lumineuse, à poil et les yeux fermés à fond les quelques fois où l’élastique de mes lunettes a lâché, je te laisse visualiser l’extase. Bon, on a fini par se rendre à l’évidence : non seulement ça n’améliorait rien du tout, mais en plus je continuais à me couvrir de plaques d’alligatorite.

Alors je me suis adressée à ma dermato à peu près en ces termes : « J’en peux plus j’en ai assez je préfère mourir que de continuer comme ça aidez-moi ou je me tue là tout de suite » Bon en vrai comme je ne suis pas toujours très loquace dans ces situations j’ai plutôt dit « J’en ai un peu marre là… » Et je me suis retrouvée hospitalisée dans un service où la moyenne d’âge approchait les 84 ans. J’ai eu la chance d’être toute seule dans la chambre, d’avoir un ordinateur rempli de films (téléchargés légalement évidemment) et de gentilles infirmières qui me proposait de la camomille à 18h. Le traitement consistait à m’étaler des tubes de crème entiers matin et soirs et de prendre des bains marron. C’était de l’avoine je crois, mais honnêtement, quand tu vois ta baignoire dans cet état là tu auras plutôt tendance à appeler un plombier plutôt que de te tremper dedans. Un jour une infirmière a probablement oublié l’eau froide et j’ai été infoutue d’ouvrir le robinet (je t’ai dit que j’avais une très grande force?), je ne pouvais donc pas y mettre un seul orteil (en vrai je m’y suis assise avant de penser que j’allais décéder). Je ne sais plus si je n’ai trouvé personne ou si je n’osais pas déranger quelqu’un mais j’ai fini par rester un long moment assise sur une chaise avant de prendre une douche pour donner l’illusion que j’avais fait trempette (petit moment de solitude).

Oprah_relaxin hôpital

La dame de la chambre d’à côté s’appelait Mme Boudin (hinhin) et était sourde comme une table basse. Ce qui n’empêchait pas sa famille ou je ne sais qui de l’appeler une dizaine de fois par jour. Du coup ça donnait des sonneries incessantes et des hurlements de la chambre suivante : « Madame Boudiiiiin, téléphoooooone ! » Moi, je veux bien qu’on m’explique comment tu peux discuter avec une dame au téléphone quand celle-ci n’entend même pas les sonneries stridentes de l’appareil. Mais la meilleure, euh, camarade d’hôpital dirons-nous, que j’ai préférée portait une jolie robe de chambre d’un mauve très sombre, avait environ 175 ans et faisait des tours de service toute la journée en s’agrippant à son sac à main. D’accord, elle était probablement sénile et c’est triste mais quand même. Un jour que ma mère était venue me tenir compagnie, Mme Mauve (ça lui va si bien) est entrée et lui a demandé de partir immédiatement. Hé bien oui, elle attendait la visite de sa fille. On a eu beau lui expliquer que je n’étais pas sa fille, que c’était ma chambre, etc. rien à faire. Elle a tout de même fini par sortir en menaçant ma mère à base de « vous le regretterez un jour ! Vous n’irez pas au paradis ! Vos enfants vous le feront payer ! » Mme Mauve est quand même revenue un peu plus tard dans la soirée, en passant seulement la tête par la porte pour me fixer de ses petits yeux perçants avant qu’une infirmière lui explique à son tour que ce n’était pas sa chambre et que sa fille n’était pas là. J’ai rarement autant voulu que ma chambre ferme à clé.

Depuis ce merveilleux séjour à l’hôpital l’alligatorite est plus ou moins sous contrôle et je ne mets plus une demi-heure à pouvoir me lever de mon lit, le temps de détendre ma peau sur à peu près chaque partie de mon corps, ce qui est un gain de temps que j’apprécie quand même un peu. Je te rassure, si je ne suis plus trop emmerdée par ça, les UV m’ont déclenchés une allergie au soleil, ce qui fait que je passe quand même toujours six mois de l’année à me gratter frénétiquement (je t’ai parlé de mon karma moisi ou pas ?)

Donc aujourd’hui je suis à peu près tranquille grâce à un traitement à peine lourd (tu peux tuer des bélugas avec ça je crois) mais qui a de lourds effets secondaires. Bon, pour être honnête je ne suis concernée par aucun d’entre eux mais ça n’en rend pas le traitement moins difficile. Rends-toi compte : pour une histoire de court-circuitage des médicaments, ça fait presque un an que j’ai l’interdiction de boire du jus de pamplemousse. Si ça ce n’est pas la définition d’une vie très dure je ne sais pas ce qu’il te faut.

 hard-life humour

Et toi, tu vas chez ton médecin avant de perdre un membre ou tu t’amputes tout seul ? Tu rêves d’avoir des voisines d’hôpital comme Mme Mauve ? Tu as très envie d’être recouvert-e d’une carapace de démangeaisons ? Si c’est oui, s’il-te-plaît raconte-moi et surtout explique-moi, ça me rendrait un peu confuse.

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